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Que peut-on faire des zones humides ?

De nombreuses zones humides ont été détruites notamment au 20ème siècle. Celles qui restent et qui ne sont pas dégradées jouent des rôles stratégiques pour la gestion de l’eau et de la biodiversité.

Si on veut assurer une protection et une utilisation rationnelle des zones humides, des actions peuvent être menées pour les gérer et les restaurer.

Témoignages d’acteurs contribuant à la préservation et à la gestion des zones humides du Finistère :

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Syndicat de bassin de l’Élorn : des inventaires pour l’eau, la biodiversité et le plan local d’urbanisme

Nolwenn Le Gac assure la coordination des inventaires sur le bassin de l'Elorn

Dans le cadre de son schéma d’aménagement et de gestion des eaux, le syndicat de Bassin de l’Élorn réalise l’inventaire des zones humides.
Nolwenn Le Gac, technicienne, est en charge de ces inventaires qui font l’objet d’une concertation importante.

« On propose aux communes de réaliser l’inventaire des zones humides sur leur territoire. Celles qui sont volontaires sont contactées pour mettre en place un groupe de suivi comme prévu dans la méthodologie départementale. Les inventaires précis sont ensuite réalisés par les chargés d’études qui présentent le résultat de leur travail au groupe communal composé des agriculteurs, des associations de protection de la nature, des chasseurs, des pêcheurs...

...S’il y a désaccord sur certains points, une visite de vérification est organisée ensuite. Enfin, le résultat de l’inventaire fait l’objet d’une restitution finale devant le groupe de suivi avant affichage en mairie et délibération du Conseil municipal. Ces inventaires doivent être pris en compte dans les documents d’urbanisme et serviront à la mise en place d’une gestion coordonnée de ces zones humides à l’échelle des bassins versants.
Pour le moment, sur le SAGE de l’Élorn, 5 200 ha de zones humides ont été inventoriés, ce qui correspond à environ 9% du territoire »
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La concertation pendant les inventaires est une étape clé

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Gestion agricole des zones humides

L’exploitation des prairies réalisée par Alain Le Bellac lui permet d’assurer un certain rendement tout en conservant l’intérêt environnemental de ces zones humides

Alain Le Bellac est producteur de lait et de viande sur la commune de Quimper. Sur les 90 hectares de son exploitation, 15 sont en zone humide (20%)
« En fonction de la pluviométrie, je fauche mes prairies humides entre mi-juin et mi-juillet. Je les fais pâturer ensuite en septembre, notamment par les bêtes à viande.
Ces zones humides complètent utilement les autres terres de l’exploitation. Je mets très peu d’intrants dans ces parcelles humides. Si je mettais de l’azote, je perdrais l’équilibre floristique de la végétation.
Pour moi, l’entretien de ces zones humides doit être considéré comme une culture à gérer de façon particulière : concilier un certain rendement tout en conservant les intérêts de ces zones. »
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Le maintien de l’équilibre floristique des zones humides est stratégique pour la valorisation fourragère

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Gérer des zones humides sur le long terme à Trémaouézan

Pour Sandrine Alary, le savoir-faire acquis à Langazel peut servir d’autres territoires

Sandrine Alary travaille comme animatrice-gestionnaire pour l’association de Langazel sur la commune de Trémaouézan. Avec son collègue Steven Kergoat, elle met en oeuvre la gestion des zones humides acquises par le Conseil général dans le cadre de la politique des espaces naturels sensibles.
« L’association gère 85 ha de zones humides grâce au pâturage et à la fauche. Certains secteurs ne nécessitent peu ou pas d’intervention, comme les boisements humides. Nous avons un troupeau de poneys et de vaches bretonnes pie noir. Ces races rustiques s’adaptent très bien aux conditions particulières de ces milieux naturels et en plus nous contribuons à la sauvegarde d’une race menacée...

...Avec le matériel de l’association, nous faisons aussi de la fauche et utilisons le foin pour nourrir nos animaux. En septembre, on fauche les refus après le pâturage. Nous accompagnons également les agriculteurs gestionnaires, ce qui a permis de favoriser le développement de l’orchidée à fleurs lâches dans certaines prairies. Aujourd’hui, nous sommes sollicités sur le territoire de la Communauté de communes de Landerneau et de Daoulas pour montrer notre savoir-faire. » .


Steven Kergoat réalise des opérations de gestion des zones humides propriétés du Conseil général

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Des zones humides restaurées sur le territoire de l’Odet à l’Aven

Loïc Menand travaille sur un programme de gestion des zones humides

Loïc Menand est technicien pour les Communautés de communes du pays Fouesnantais et de Concarneau Cornouaille. Il a en charge un programme de restauration et de gestion des zones humides.
« L’objectif principal de nos actions sur les zones humides, c’est la reconquête de la qualité de l’eau. On n’oublie toutefois pas la biodiversité. Après avoir réalisé l’inventaire des zones humides, je me renseigne sur les anciens usages des parcelles qui peuvent faire l’objet d’actions de la collectivité. En accord avec l’agriculteur exploitant ou le particulier, je détermine les actions à mener sur la végétation mais aussi sur la reconstruction éventuelle des talus de ceinture de fonds de vallée. L’agriculteur ou le particulier assurent ensuite la gestion de la parcelle restaurée. En complément, des opérations d’entretien des cours d’eau peuvent être menées. Nous attachons par ailleurs une attention particulière aux filières de valorisation des produits végétaux issus de ces zones humides (fourrages, litière, compost…). »

Sur le territoire de l’Odet à l’Aven, des expérimentations de restauration ont été menées en partenariat avec des agriculteurs

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Commune de Kersaint-Plabennec : une zone humide aménagée pour tous les publics

François Le Her est adjoint aux travaux et à l’environnement sur la commune de Kersaint-Plabennec. Il est notamment en charge de la réhabilitation et de l’aménagement de la coulée verte de Kérivin.
« La réflexion a débutéen 2000, la zone de Kérivin était alors une zone humide dégradée et à l’abandon au nord du bourg. La commune a souhaité réhabiliter cet espace avec un objectif double : la protection de notre environnement et la création d’un chemin pédagogique et d’un espace de détente. Après l’acquisition des terrains par la commune et la définition du projet d’aménagement au sein d’une commission communale élargie, la première tranche de travaux a été réalisée en 2008. La coulée verte est aujourd’hui le trait d’union entre la partie urbanisée et la partie agricole de Kersaint- Plabennec ! L’entretien du sentier et de ses abords est réalisé par un chantier d’insertion et par une équipe de bénévoles. Les prairies sont gérées par un agriculteur de la commune avec lequel nous conventionnons. Aujourd’hui, nous poursuivons les travaux afin d’obtenir le label Tourisme et Handicap, le premier label sur le territoire de la communauté de communes du pays des Abers. En tant que commune rurale, un accompagnement financier est essentiel afin de mener à bien la mise en valeur de tels sites. »

M. Roquinarc’h, maire de Kersaint-Plabennec et M. Le Her, adjoint à l’environnement

La zone humide de Kerivin représente un trait d’union entre la zone urbaine et la zone agricole